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Catégorie Folie

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Festival Littéraire Stéréopolien Index du Forum -> Gestion des jeux et animations -> Concours histoires imposées
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Will Dearborn.
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Hors ligne

Inscrit le: 27 Avr 2008
Messages: 51

MessagePosté le: Ven 13 Juin - 14:53 (2008)    Sujet du message: Catégorie Folie Répondre en citant

On organise un concours pour l’amour de l’art, j’y participe pour l’amour de l’argent, on joue avec les mots, je joue pour gagner, on me dit écris un récit, j’écris une auto-pol-iographie. Vous allez me dire « c’est fou « ! Je vous dirais « c’est moi ! ». « C’est fou / c’est moi » c’est un peu le concept de ce que l’on pourrait modestement nommer un « essai philosophique sur l’expérience de la folie ordinaire chez une polette au-dessus de tout soupçon ».

On me dit quotidiennement que je suis dingue, j’ai envie de dire « pourquoi pas ». Je ne suis sans doute pas encore assez folle pour croire que le monde entier a tords et que je suis seule contre tous. Enfin à vrai dire, je n’en suis pas encore tout à fait sûre. Mais comme je suis lucide je m’interroge. La folie est subjective, chacun la voit chez son voisin. Moi mon voisin je ne le vois pas. J’ai mis des rideaux noirs à la fenêtre et je l’espionne la nuit quand il croit être seul et anonyme.

Mais comme dirais Freud, commençons par le commencement. Mon premier souvenir d’enfance tient en trois mots : une balançoire, un mur, ma tête. Mais rien de grave je vous rassure, je vous vois déjà frémir dans vos mocassins, bande de lâches. Non, étrangement, aucune séquelle. Depuis ce temps là, et aussi loin que je me rappelle, mon rêve absolu, mon but ultime, est d’être enfermée dans une pièce aux murs molletonnés. J’ai crié, pleuré, supplié mes géniteurs de rembourrer les murs de ma chambre avec des coussins pour me donner l’illusion d’avoir atteint mon eldorado mais rien n’y a fait. 1ère désillusion
En grandissant, j’ai réfléchi au moyen le plus rapide et le plus efficace d’atteindre mon but. La voie royale qui même à cette pièce s’est révélée être l’asile. Je n’ai jamais compris pourquoi les gens, les autres, ont peur de lui. Pour ma part j’ai toujours pensé que le rêve de tout être humain digne de ce nom ne pouvait être que de vivre loin de tous, dans une pièce aux murs moelleux comme du bon pain avec pour seul souci de se supporter (ce qui cela dit consiste en la pire torture pour la plupart de mes semblables). N’y a-t-il donc personne d’autre qui aurait aimé être seul avec soi même, avec pour seul contact de gentilles personnes se rendant de toute évidence à une soirée d’Eddie Barclay, ou de P. Diddy (c’est selon les goûts) ?
J’ai donc déposé cv, lettre de motivation et de recommandation au bureau de l’hospital psychiatrique le plus éloigné. 2ième désillusion.

J’ai dû me rendre à l’évidence : trop normale. Il faut dire que je cache bien mon jeu, être fou ne veut pas dire avoir perdu sa lucidité, bien au contraire. Alors non, ravie de vous décevoir, mais je ne me prends pas pour Napoléon ou pour Mylène Farmer. Non, je me contente d’être moi, ou plus exactement d’être moi-s. On dit une de perdue, dix de retrouvées. Je confirme. J’ai perdu ma tête j’en ai retrouvé dix. Dix moi (quoi ? non rien). On dit que la folie est une maladie, je pense plutôt que c’est une bénédiction : je vis deux – trois – dix vies en l’espace d’une seule. Vous allez me dire, elle n’est pas folle, son discours est cohérent (un peu étrange mais cohérent), c’est juste que là c’est moi, enfin c’est elle, et pas l’autre qui parle.
Les vieux messieurs en blouse blanche appellent ça de la schizophrénie, c’est-à-dire que je suis double. Chez moi, chez nous, on en distingue de 2 types.
Pour commencer une énumération, rien de tel que de commencer par le premier : la « schizophrénie maniaco-dépressive ». Je peux être un ange de polette et l’instant d’après regarder rêveusement le marteau (que vous m’aviez gentiment tendu pour que je plante un clou au dessus du berceau de votre enfant afin d’y fixer le poster de Winnie l’ourson) et l’angle droit qui le relie à votre crâne. Non car malgré les idées reçues, être « maniaque » ne veut pas dire passer l’aspirateur à 5 heures du matin pendant que votre époux dort d’un sommeil paisible (quoique légèrement troublé par le bruit de la machine). Non, être « maniaco-dépressive » c’est un peu vivre sur un grand-huit, monter très haut et redescendre très bas avec comme sac à vomi un flacon de lithium.
Deuxième type de schizophrénie décelé (car après le premier vient généralement le deuxième) : la « schizophrénie paranoïaque ». C’est sans doute le fait que je refuse de manger à la cantine de peur que les cuisiniers aient mis des bactéries dans mes raviolis qui a mis les médecins sur la piste. C’est vrai que j’espionne et que je me protège de mes voisins, ces gentils pols qui me prennent pour une hystérique uniquement parce qu’après voir laissé mon chien innocemment uriner sur leur pelouse je viens leur serrer la main (avec des gants, faut pas déconner non plus). Ils disent que je leur fait peur, qu’on ne sait jamais sur qui ont va tomber quand on sonne à ma porte : docteur Polekill ou Misses Polayde.

Mais aujourd’hui j’ai trouvé la paix. Vivre dans la Stéréopole a su me rendre mon unité. J’ai découvert que je n’étais pas folle. Non, je suis même plutôt comme tout le monde au milieu des Pols. Le problème quand on est schizophrène c’est qu’on oublie une part de soi dans les « accès de folie » comme ils disent. Pourtant j’ai l’impression d’être au contraire la seule à ne pas oublier qui je suis. Mes amis pols vont, viennent, disparaissent sans aucune trace et reviennent plus tard pour reprendre leur petite vie tranquille comme si de rien n’était. Comme s’ils avaient oubliés ce qu’ils avaient été une partie de leur journée. Comme s’ils n’étaient pas vraiment ceux qu’ils prétendaient être. Comme si …………
Mais bon sang où je suis tombée ? Suis-je folle ? Ou est-ce moi qui suis la seule à être lucide au milieu de fous ? Non ce……….. Non. Je ne suis pas folle, c’est eux, les autres………


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MessagePosté le: Ven 13 Juin - 14:53 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Hava_Skohl
Modérateur

Hors ligne

Inscrit le: 29 Avr 2008
Messages: 28

MessagePosté le: Sam 14 Juin - 20:40 (2008)    Sujet du message: Catégorie Folie Répondre en citant

Texte 2:

Oubli meurtrier...

Bercée par l' ennui je déambule à travers ce qui semble être le monde d' aujourd' hui. Je plonge dans l' ivresse de mes angoisses les plus insoutenables. Le battement de mon cœur s' alourdit, pour ne devenir qu' un lointain cri effacé. Ma vision se trouble, chamboulant tout dans mon esprit déjà si dérangé. Me voilà en train de mourir, sous les coups de mon créateur insomniaque, je ne hurle point , j' attend en silence la fin imminente de mon audacieuse tragédie. Ma fin était préméditée depuis longtemps par celui qui m' insuffla la vie de ces mains ridées. Je ne peux qu' accepter ma mort. Le regard de mon digne créateur croise le mien, je crois voir quelques remords qui me réconforte, peut-être est-ce là la seule preuve de son amour pour moi. Ses mains se resserrent sur mon coup, la peau de ses paumes est rêche, j' aime sentir sa peau sur mon coup, lorsqu' il me touche j' ai l' impression d' exister en tant que sa fille.
Ses mains se crispent à la vue du sourire qui vient d' éclaircir mon visage ensanglanté. Mes yeux me font défaut, je ne distingue déjà plus son regard couleur espoir, je ne vis plus sans ce dernier. Je sens mon dernier souffle arrivé, expulsé par mes poumons, il laisse vide mes lèvres. Je sombre pour la deuxième fois de ma vie dans l' immensité de l' inconnu. Je croyais ma fin définitivement réglée, mais celui qui me donna la vie, est en train de la perdre. Mon assassinat est en train de lui coûter la vie, son cœur est sans doute trop vieux pour ce genre de fantaisie, mon pauvre maître, serais-tu dans l' impossibilité de me tuer ? Serait-ce ta conscience qui te joue des tours ? Ou est-ce vraiment ton cœur qui ne peut supporter plus longtemps cette vie burlesque que tu t' aies créé ? Tes mains rêches se déserrent de mon coup, tu t' affales sur moi, c' est bien la première fois que tu es si proche de moi. Je ne sens pas ton souffle sur ma peau, pourtant ton corps est encore chaud. Cette chaleur que j' enviais tant, je peux à présent me confondre avec elle. T' enlaçant de plus en plus fort je te câline à la limite de l' inceste, j' aimerais que tu sois encore en vie pour que tu puisses partager cet instant béni avec moi. Je reste presqu' une heure dans tes bras à respirer ton odeur et à me consoler avec ta chaleur. Pour qu' enfin je me lève lentement, j' ai croisé tes bras sur ton torse comme le font les vampires lorsqu' ils dorment, peut-être que tu vas bientôt te réveiller comme ils le font. J' ai baissé les volets du salon pour nous garder dans l' intimité, j' ai mis du Debussy ton compositeur préféré, et quelques bougies pour me permettre de te voir encore. La lumière des bougies t' embellit, tu n' as jamais été aussi beau qu' en cet instant de morbide silence. Je me suis assise dans ton fauteuil , celui qui m' est interdit. Et j' ai attendu que la nuit daigne tomber. Je t' ai regardé si longtemps sans bouger que parfois j' ai eu l' impression que tes yeux bougeaient, seule ma tête a le cran de me jouer des tours aussi sadique. Les compositions de Debussy ont fini par disparaître, la lumière que forment les bougies se fait de moins en moins amicale, la lune vient de montrer le bout de son nez, il n' y a plus que toi et moi, la nuit nous appartient. J' ai réussis à traîner ton corps dans le jardin, c' est là que s' arrête ton rêve. Enterré par sa propre création n' était pas vraiment ton souhait, tu m' avais créé pour que je t' aide, j' aurais tellement voulu pouvoir t' aider mon cher créateur. J' ai sorti le cercueil que tu avais fabriqué pour moi, tu te souviens je t' avais même aidé à le fabriquer, je m' étais si bien appliquée que tu te réjouissais de me voir si bien accepter mon assassinat. Tu m' avais même donné l' ordre de creuser ma tombe ce que j' avais fait avec enthousiasme, tu paraissais si heureux pour une fois, que mes propres sentiments ne comptaient guère. Cette nuit tu résideras pour toujours sous terre. J' ouvre le cercueil avec appréhension, j' ai peur que tu t' y sentes pas très à l' aise, j' ai peur que tu deviennes un zombie et que tu veuilles te venger de moi, j' ai peur que tu reviennes en tant que fantôme qui me hante jusqu' à ce que je meure dans d' atroces souffrances, j' ai peur d' être seule. Le cercueil ouvert, je t' allonge à l' intérieur avec difficulté et amour presque maternelle. Je m' octroie un dernier souhait celui de pouvoir t' embrasser sur la bouche, du bout de mes lèvres je sens les tiennes qui m' ensorcellent et me rendent plus vivante que je ne l' ai jamais été. Je me relève et te vois dans ton cercueil, cette vision fait naître quelques larmes dans mes yeux, mon être hurle ta mort. Tu m' as abandonné, sale lâche. Je referme le cercueil, et le pousse dans le trou, il tombe lourdement à six pied sous terre en se fracassant légèrement sur les côtés. Je commence à remblayer le trou, peu à peu tu t' effaces de ma mémoire, comme un être cher disparu, ta place dans mon cœur diminue pour ne paraître plus que futile et désuète de toute proportion hors normes. Le trou est complètement rebouché, tu es enfin enterré. Je dépose délicatement la pelle par terre, je me retourne et avance vers la porte de la cuisine. Je crois entendre un cri étouffé venant de derrière moi, je me retourne brusquement, mais il n' y a rien si ce n' est ta mort. Mais le cri refait surface, toujours étouffé et venant du même endroit. Six pieds sous terre. Je comprend pourquoi tes yeux me semblaient bouger à la lueur des bougies. J' avais oublié ta narcolepsie, PAPA


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Poupoupidou
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MessagePosté le: Dim 15 Juin - 23:00 (2008)    Sujet du message: Catégorie Folie Répondre en citant

noté !
_________________
Un Paf Bisou et ton karma grimpera en flèche !
Poupoupidou .TERGHEIST


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